jeudi 20 novembre 2014

Déclaration FSU au CTM du 19 novembre 2014

L’éducation est un facteur majeur d’égalité et de cohésion sociale. Et sans un haut niveau de formation, il sera difficile à notre pays de relever les défis actuels en matière de transition écologique, d’adaptation de la société au vieillissement, d’une culture commune à toute la population.


Pourtant, tout le monde aura constaté que l’Éducation, érigée en priorité nationale, aura occupé une place bien timide dans les propos du chef de l’État lors de sa prestation télévisée du 6 novembre dernier. À la FSU, nous considérons au contraire que, deux ans après la loi de refondation, l'éducation ne peut pas être reléguée au second plan. Il ne s'agit pas de baisser la garde. Plus de 150 000 jeunes continuent de sortir chaque année du système éducatif sans qualification. Selon l'INSEE, ils ont 5 fois plus de chance d'être sans emploi qu'un diplômé d'études supérieures. L'échec scolaire coûte près de 25 milliards d'euros à notre pays. C'est dire si, à ce jour, il reste encore beaucoup à faire pour l'éducation et les personnels.

La priorité budgétaire donnée à l’Éducation quand le nombre global d’emplois est en légère diminution dans la FPE se fait au détriment des autres secteurs et face à l’augmentation des effectifs scolarisés, aux besoins importants pour la formation initiale ne se traduit pas par l’amélioration des conditions de travail. D'autres besoins importants ne sont ainsi pas couverts : le déploiement des mesures pédagogiques comme le « Plus de maîtres que de classes » qu'il faut amplifier, la formation continue qu'il faut revivifier pour armer les personnels dans l'exercice de leur métier, l'attractivité de nos métiers qu'il faut assurer en revalorisant les salaires et en améliorant les conditions de travail...

Dans le même temps, la nouvelle carte de l'éducation prioritaire ne doit laisser aucune école et aucun collège défavorisés sur le bord du chemin. Après la phase de discussion au niveau local, nous demandons que le ministère mette en place une concertation nationale et organise la tenue d'un comité technique ministériel consacré à la carte de l’Éducation prioritaire en décembre. Cette concertation nationale doit avoir pour objet de vérifier si des réseaux non labellisés dans une académie auraient obtenu un classement REP ou REP+ si ils avaient été dans une autre académie. Cette étape est indispensable afin de garantir la transparence et l'équité nationale de la nouvelle carte de l'éducation prioritaire. Dans ce cadre, la FSU demande au ministère qu'il dégage une dotation supplémentaire afin de labelliser toutes les écoles primaires et réseaux défavorisés non pris en compte. Quant à la question des lycées, elle doit être rapidement traitée dans le cadre des discussions sur l'éducation prioritaire.

La Ministre vient de confirmer, le jeudi 13 novembre, les chantiers métiers. Les syndicats de la FSU continueront d’y intervenir pour obtenir des améliorations de la situation des personnels. En même temps, le gel du point d’indice est lourd de conséquence pour nos métiers et pour tous les personnels et des négociations sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations sont en cours dans la Fonction publique. Pour la FSU, la coïncidence des deux chantiers doit permettre d’aborder le dossier des carrières et des rémunérations des personnels de notre ministère dans son ensemble. Pour les personnels enseignants, d’éducation et d’orientation le chantier indemnitaire et la question des débouchés de carrière doivent être traités, mais du point de vue de la FSU on ne saurait faire l’impasse sur les enjeux du déroulement des carrières ni sur les si faibles rémunérations d’entrée dans le métier. La FSU revendique des mesures qui visent l’amélioration de la situation de tous et la réduction des écarts de situation aujourd’hui constatés entre degré d’enseignement comme au sein du second degré. La crise de recrutement montre la nécessité d’aboutir. D'autre part, les obligations de service des PE n'a pas été ouvert alors qu'il y a urgence à les interroger.

Les personnels administratifs, de santé et sociaux mesurent encore les écarts de rémunération indemnitaire qui existent d’un département ministériel à l’autre malgré les rapprochements statutaires. Pour eux aussi, il y a des enjeux réels à la reconstruction de la grille indiciaire, intégrant une partie des primes. La FSU demande que les promotions supplémentaires, pour les personnels administratifs, prévues en 2015, soient attribuées selon des critères objectifs et transparents d'autant plus qu'elles sont très limitées.

La FSU tient aussi à souligner combien la culture managériale qui s’est installée parmi l’encadrement est source de tensions et de division ; promouvoir les valeurs de la Fonction publique, c’est aussi réinterroger ces orientations et refonder aussi le mode de gouvernance à toutes les échelles.



La FSU s’inquiète du retard pris à transposer les engagements pour les contractuels d’autant que la gestion académique de ces personnels fait que les acteurs du dossier sont seulement représentés dans un groupe de travail ministériel.



Concernant les AESH, AED et CUI, la FSU organise une quinzaine d'action. Si un premier pas a été franchi avec la possibilité d'obtenir un CDI pour les AESH, la mise en place du nouveau décret se fait parfois au détriment des personnels : peu d'AESH disposent d'un temps plein, certains d'entre eux voyant même leur quotité de travail baisser au moment de la signature du CDI. Pour tous, AED, AESH et CUI, une amélioration des conditions de travail et de rémunération s'impose.



Cette semaine, à travers des grèves départementales comme en Seine Saint Denis, mais aussi des colloques, le lancement d'une pétition pour l'amélioration des conditions de formation des stagiaires dans les ESPE puis le 22 novembre lors d'un meeting à Paris la FSU veut réaffirmer de manière déterminée que notre école a aujourd'hui besoin d'une véritable impulsion permettant des transformations qualitatives soutenues par un nécessaire investissement budgétaire.



En outre, deux questions nous préoccupent qui devraient être à l'ordre du jour du CTM :

- la revue des missions de l’État pour laquelle nous avons adressé une demande de mise à l'ordre du jour,

le devenir de la carte des rectorats dans le cadre de la réforme territoriale.

Quant aux élections professionnelles qui se dérouleront du 27 novembre au 4 décembre, nous constatons que seuls 234 000 électeurs ont créés leur espace.
Nous avons dénoncé en 2011 les effets du vote électronique qui avait produit une chute de 20% de la participation; le nouveau dispositif mis en place pour les ces élections devait donner davantage de facilités; les chiffres donnés montrent qu'il est nécessaire d'intensifier la communication et renforcer le pilotage politique des élections afin de permettre un vote démocratique assis sur une large participation.

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